Protection solaire : des Français qui peuvent mieux faire

Cet été sera sans doute marqué par une augmentation de l’exposition des Français aux rayons solaires : suite au confinement, 41 % des Français expriment leur envie de s’exposer davantage, une envie plus nettement marquée encore chez les femmes (une sur deux) et plus forte chez les jeunes (60 % des jeunes).

Pour autant, ils sont encore nombreux à ne pas en mesurer les risques … Ainsi, en France, on recense au total 90 000 cas de mélanome, dont plus de 11 000 nouveaux cas chaque année. 

Malgré cet enjeu majeur de santé publique, le sondage révèle que : 

  • sur la plage, encore 20 % des Français n’utilisent aucune protection, et 28% en utilisent « parfois » (une à deux fois dans la journée),
  • et en ville, ce chiffre grimpe à 53 % des Français, et culmine même à 63 % chez les hommes. 

Françoise Audebert, conseillère scientifique à la FEBEA rappelle les précautions suivantes : « En ville, l’intensité des rayons UV est la même que sur la plage. Les méfaits du soleil sont causés par les rayons UV, qui ne provoquent pas de sensation de chaleur. Et la pollution accentue les méfaits des UV sur la peau. Il est donc important d’utiliser une protection solaire en ville dès l’apparition des beaux jours. »

Le comportement des hommes est particulièrement préoccupant : un homme sur quatre n’utilise jamais de crème solaire à la plage (contre une femme sur six). Pourtant, comme le rappelle Françoise Audebert : « La peau des hommes n’est pas moins fragile que celle des femmes. Il est important que les hommes adoptent aussi comme geste de prévention l’application de produit de protection solaire ». En 2017, sur 15 000 nouveaux cas de mélanomes cutanés estimés en France, 8 000 étaient des hommes (contre 7 343 femmes) et les hommes représentent 60 % des décès.

Sur la plage, seul un Français sur deux applique de la crème en moyenne trois fois dans la journée. La première motivation est d’éviter les coups de soleil (43 %), suivi par l’envie de se protéger des risques sanitaires comme le cancer (36 %). Seuls 12 % se protègent pour contrer l’effet du soleil sur le vieillissement de la peau. Quant à ceux qui hésitent à se protéger, ils mettent d’abord en avant la toxicité des ingrédients (37 %), suivi du côté jugé peu pratique ou collant des crèmes (29 %), et enfin par le souci de protéger l’environnement (23 %). 

Pour autant, les produits solaires bio ne convainquent pas massivement : 60 % des Français déclarent ne pas les utiliser. Quant à ceux qui optent pour des formules bio, leurs motivations sont partagées entre raisons environnementales et sanitaires.

Une crème solaire peut-elle contenir un ingrédient toxique ? Laure Menanteau, conseillère scientifique à la Febea explique qu’un produit solaire est un produit cosmétique, c’est-à-dire qu’il est encadré par la réglementation cosmétique européenne, qui est la plus stricte au monde. Ce qui la rend d’autant plus efficace, c’est qu’elle évolue en fonction des découvertes scientifiques. Par exemple, on peut noter 23 mises à jour en la matière depuis six ans. 

Certains filtres UV entrant dans la composition de produits solaires font l’objet d’un débat : comme le dioxyde de titane ou l’octocrylène. Le dioxyde de titane sous forme de nanomatériau est un filtre solaire extrêmement efficace, parfois dénoncé comme possible cancérigène et dont la sécurité d’emploi dans les produits solaires a pourtant été parfaitement avérée. Selon la Febea, les données scientifiques les plus récentes confirment que le dioxyde de titane ne pénètre pas dans la peau. Il se comporte comme un minuscule miroir qui réfléchit et absorbe les rayons les plus nocifs du soleil, à savoir les UVA et les UVB, et est donc particulièrement efficace. 

Quid des risques de pollution des océans par les filtres solaires ? Selon la Febea, la concentration des filtres solaires dans l’eau est extrêmement faible, de l’ordre du nanogramme (un milliardième de gramme) au microgramme (un millionième de gramme) par litre. « La perception d’un film huileux à la surface de l’eau n’est absolument pas représentative de la quantité de produit dans l’eau. Elle est encore moins représentative de la quantité de filtre solaire dans l’eau, celui-ci n’étant qu’un composant parmi d’autres du produit solaire. Le dioxyde de titane, qui est un filtre solaire d’origine minérale ne reste pas à la surface de l’eau, et ne se dissout pas non plus dans l’eau. Il n’empêche donc pas les rayons UV de pénétrer dans l’eau. De plus, les produits de protection solaire sont aujourd’hui formulés pour être résistants à l’eau, ce qui évite qu’ils ne se déposent dans les eaux de baignade, indique-t-on au sein de la fédération. De même, les fabricants de produits de solaires améliorent sans cesse la biodégradabilité de leurs formules. On entend parfois parler de l’effet de certains filtres solaires, comme l’octocrylène, sur le blanchissement des coraux. Il faut savoir que cet effet n’est pas avéré et serait en tout état de cause minime en comparaison avec les principales causes du déclin des coraux, à savoir l’augmentation de la température des eaux, l’acidité des eaux et la pêche excessive des coraux. C’est ce qui a été, entre autres, démontré récemment par le Centre océanographique de Monaco. »

En cette période où tout le monde ne peut pas regagner son bureau, nous mettons gratuitement le dernier numéro de la revue en accès libre intégral, y compris notre numéro d'été !J'y vais
+
X