Cosmetic Valley : de la résilience à la relance

Marquée par un très important renouvellement de son Conseil d’Administration, féminisé et territorialisé, ainsi que par la réélection à la présidence du pôle, du Secrétaire Général de LVMH, Marc-Antoine Jamet, désigné à l’unanimité, à l’occasion de son Assemblée Générale 2021, la Cosmetic Valley engage une dynamique de relance autour de six priorités stratégiques.

Mardi 29 juin, près de 200 adhérents, sur les plus de 800 que compte le pôle, se sont réunis en assemblée générale, pour une première réunion « physique » depuis le début de la pandémie, à l’Université d’Orléans, au cœur d’un territoire doté de nombreux centres publics et privés de recherche particulièrement actifs dans le secteur de la parfumerie-cosmétique.

MarcAntoine Jamet, président de Cosmetic Valley et Christophe Masson, directeur général du pôle, ont présenté les grandes directions qui seront celles de l’association au cours des prochains mois.

Un conseil d’administration renouvelé et fédérateur

Une page se tourne avec le départ de plusieurs administrateurs historiques ayant participé, autour de Jean-Luc Ansel, à la fondation et au développement de Cosmetic Valley. Une nouvelle génération d’administrateurs prendra à sa charge désormais la mission de coordinateur national de la filière parfumerie-cosmétique que l’Etat a confiée à Cosmetic Valley. Représentatif de tous les territoires français, dont ceux de l’outre-mer, de tous les métiers de la filière et de toutes les entreprises adhérentes de Cosmetic Valley, quelle que soit leur taille, le nouveau conseil d’administration compte un quart de représentants issus de grands groupes, dont L’Oréal, et trois quarts de représentants des ETI/PME/TPE, et startups dont la proportion est désormais significative au sein du pôle.

Réélu président pour un nouveau mandat de trois ans, Marc-Antoine Jamet a déclaré :  «Cette année a (…) été marquée par notre résistance et la fabrication de gel, par la résilience et le redémarrage de nos fabriques, de nos ateliers. Elle doit se poursuivre par notre implication déterminée dans la relance de la croissance et des emplois dans notre pays. Parce que nous souhaitons, par des avancées concrètes, assurer nos performances demain, nous adaptons aujourd’hui non seulement nos outils – je pense aux 400 millions d’euros de projets collaboratifs en cours – mais aussi notre gouvernance, avec des administrateurs qui reflètent davantage encore la diversité et la richesse de nos adhérents. J’attends d’eux une participation active, l’engagement d’être nos ambassadeurs, en France et dans le monde. Je suis heureux que, dans une période de transitions décisives, ils aient souhaité me renouveler leur confiance pour un nouveau mandat à la tête de Cosmetic Valley. »

Six enjeux pour optimiser le fonctionnement de la filière

Huit mois après le succès de premiers états généraux, quatre mois avant leur deuxième édition au Carrousel du Louvre, en octobre prochain à Paris, en marge du salon Cosmetic 360, l’assemblée générale a aussi été l’occasion de présenter les six enjeux stratégiques que veut relever Cosmetic Valley.

1 – Poursuivre l’accompagnement des PME

Cosmetic Valley veut accentuer son travail d’accompagnement des PME à travers son « guichet relance », porte d’entrée efficace pour permettre aux PME de bénéficier des plans d’aides régionaux, nationaux, et européens.

Lors du prochain salon Cosmetic 360, le « Sommet de la filière », placé sous le patronage de la ministre en charge de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, fera l’état d’avancement des 30 mesures proposées lors des états généraux d’octobre 2020, pour évaluer leur pertinence, partager les success stories, souligner les améliorations obtenues et celles à atteindre, afin de renforcer la dynamique de filière.

2 – Consolider le cœur de métier du pôle en dynamisant la recherche, aux niveaux national et communautaire

Le 29 juin, au matin de l’assemblée générale du pôle, 30 directeurs recherche & développement ont participé au premier « Comité scientifique de la filière » organisé à l’initiative du pôle pour définir les enjeux de l’industrie parfumerie-cosmétique en matière d’innovation et les actions à mettre en place pour y répondre. 

L’organisation d’un « Tour de France de la recherche cosmétique » pour mettre en avant les synergies entre public et privé dans le monde de la recherche sera officiellement lancé à Poitiers le 2 septembre prochain. Partenaires depuis 2005, le CNRS et Cosmetic Valley ont décidé de s’associer pour déployer une action nationale permettant de mieux connaître les compétences des laboratoires de recherche français qui travaillent sur des thématiques de la filière, que ce soit en chimie, biologie, microbiologie, physique, matériaux, mathématiques, ou même dans les sciences humaines, et susciter des collaborations avec les entreprises de la filière parfumerie-cosmétique. Une dizaine de rendez-vous seront organisés jusqu’en 2023.

3 – Accroître la visibilité et l’agilité de la filière française sur les marchés tiers : Global Cosmetics Cluster et la boîte à outils européenne

L’industrie de la parfumerie-cosmétique est le deuxième contributeur excédentaire à la balance commerciale de la France et, à l’heure où plusieurs de ses marchés internationaux sont en plein développement, en particulier en Asie, l’exportation est un formidable moteur de relance et de croissance pour ses PME. Au-delà des « services Export » proposés par le pôle depuis son origine, avec un accompagnement sur les grands salons internationaux du secteur, Cosmetic Valley s’appuie aujourd’hui sur les ressources offertes par la Commission européenne et, plus particulièrement, son programme Cosme destiné à accompagner l’internationalisation de leurs PME et à faciliter leur accès à de nouveaux marchés du grand export.

Fédérant désormais six clusters cosmétiques européens, le « Global Cosmetics ClusterEurope » doit permettre aux PME de profiter d’une exceptionnelle « boîte à outils » européenne en matière de recherche & développement, business et exportation, montée en compétences, engagement sociétal et environnemental. Le programme prévoit également quatre missions d’exploration de « marchés cibles » (Corée du Sud, États-Unis, Émirats Arabes Unis, Inde et Mexique.). La première mission aura lieu à Dubaï en octobre à l’occasion du salon BeautyWorld Middle East.

4 – Incarner la filière au sein de la future Maison Internationale de la Cosmétique

Ecosystème unique au monde, Cosmetic Valley travaille à renforcer la visibilité internationale de la filière française de la parfumerie-cosmétique et à promouvoir les valeurs de la « Marque France » : innovation performance, sécurité du consommateur, authenticité des produits, éco-responsabilité. La Maison internationale de la Cosmétique qui doit ouvrir ses portes à Chartres en 2024 a été conçue comme un lieu unique d’incarnation, de découverte et de valorisation des savoir-faire de la filière auprès d’un public national et international.

Une première étape du projet a été franchie dès septembre 2020 avec l’ouverture du Beauty Hub, premier accélérateur français dédié à l’innovation dans la parfumerie-cosmétique. Cofinancé par l’Etat et la région Centre-Val de Loire dans le cadre du Programme Investissements d’Avenir, le Beauty Hub est porté par Cosmetic Valley et un consortium de neuf de ses entreprises : Aircos, Aptar, Chanel Parfum Beauté, I3DP, L’Oréal, LVMH Recherche, Nippon Shikizai, MS Beautilab et Yves Rocher. Implanté à Chartres sur le site de la future « Maison Internationale de la Cosmétique », le Beauty Hub est un outil au service du « Fabriqué en France ». Son ambition est d’encourager l’innovation collaborative et de faire travailler ensemble start-up, PME, ETI, grandes entreprises, et laboratoires de recherche. Deux promotions de 5 à 10 startup y sont accueillies chaque année. Nouveauté 2021 : le Beauty Fab est devenu un centre de démonstration qui accueillera les nouvelles technologies proposées par les équipementiers.

5 – Agir pour l’emploi et la formation avec le Cosmetic Experience Tour

La filière française de la parfumerie-cosmétique est une industrie en pleine croissance disposant d’un vivier de 246 000 professionnels détenteurs d’un savoir-faire d’excellence que tous les concurrents nous envient. C’est pourquoi 

Cosmetic Valley conduit une réflexion avec les professionnels de la filière française de la parfumerie-cosmétique (246 000 professionnels) afin de préparer l’avenir et d’anticiper ses besoins  notamment en matière de nouvelles compétences et en personnel. Outre un catalogue de formation labellisé « Qualiopi » tourné vers l’aide à la transition numérique des entreprises avec des parcours mixant webinaires, e-learning et présentiel, et une participation à de nombreux événements destinés à sensibiliser les jeunes à la diversité des métiers offerts par la filière parfumerie-cosmétique, le pôle organisera cette année le Cosmetic Experience Tour qui débutera à Chartres le 26 novembre prochain. S’adressant à divers public – collégiens, lycéens, demandeurs d’emploi, personnes en reconversion, familles – le Cosmetic Experience Tour s’organise autour de deux espaces : un « espace expérientiel » présentant les étapes de production d’un produit cosmétique ainsi que les métiers en tension (production, maintenance, packaging, formulation), ainsi qu’un « espace village » destiné à la rencontre des entreprises, organismes d’orientation et partenaires locaux, et à la présentation des formations dans le secteur.

6 – Renforcer les partenariats publics-privés et préparer la phase 5 des pôles de compétitivité 

La création d’un Comité de filière qui s’est réuni pour la première fois le 26 mars sous la présidence de la ministre en charge de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a constitué, selon Cosmetic Valley, un pas en avant décisif pour la reconnaissance du secteur comme filière stratégique de l’économie française et renforce la nécessité d’un travail fédérateur de l’ensemble de ses parties prenantes, publiques et privées.

Le pôle indique que la même dynamique partenariale doit soutenir la préparation, par Cosmetic Valley, de la future « phase 5 des pôles de compétitivité », en poursuivant un maillage territorial que permettent de nouveaux partenariats avec des régions comme l’Île-de-France, la Nouvelle Aquitaine, les Hauts-de-France et la Guyane ; d’autre part en définissant et en priorisant les enjeux d’innovation de la filière et en développant des actions structurantes, et collectives, pour les faire progresser en partenariat avec l’État et la commission européenne.