L’État confirme au Pôle “Cosmetic Valley” la mission d’animer nationalement sa filière industrielle

Le Gouvernement, par la voix du Premier ministre Édouard Philippe, vient d’annoncer la labellisation (ou le renouvellement de la labellisation), pour la période 2019-2022, de 48 des 56 pôles de compétitivité qui avaient déposé une demande en ce sens auprès de la Direction Générale des Entreprises du Ministère de l’Économie et des Finances.

Créée en 1994, labellisée en 2005, Cosmetic Valley, aux côtés des autres pôles qui animent, également, des secteurs stratégiques pour l’industrie et l’économie françaises (automobile, santé, nucléaire, numérique, aéronautique, etc…) fait évidemment partie de cette liste. Déjà chargé par l’État d’animer, à l’échelle nationale, la filière parfumerie-cosmétique, contributeur essentiel à la balance commerciale de notre pays et employant plus de 150.000 salariés, il eût été anormal qu’il en soit autrement.
Au cours de l’instruction de son dossier, Cosmetic Valley a su faire valoir sa plus-value, son avantage comparatif et des atouts particulièrement positifs. Le pôle a su, en effet, créer, véritable « tissu industriel » entre grands groupes et PME, acteurs privés et acteurs publics, construisant un écosystème dont la taille et les actions sont en constante progression. Économe des deniers publics, son budget est financé principalement par des fonds privés. Sa gouvernance s’est affranchie des relations de dépendance entre donneurs d’ordre/sous-traitants/fournisseurs qui, dans d’autres secteurs, caractérisent certaines structures similaires.
En cette organisation juste et équilibrée réside probablement une des raisons premières de son succès puisqu’il est, parmi les pôles de compétitivité, celui qui regroupe le plus d’adhérents (près de 600 entreprises dont 80% de PME) examinant à chacun de ses conseils d’administration trimestriels une vingtaine de candidats impatients de le rejoindre.

Ardent défenseur du Made in France et de ses valeurs (protection de l’environnement, sécurité du consommateur, authenticité des matières premières, performance et innovation), Cosmetic Valley met à la disposition de ses membres un ensemble exceptionnel d’outils : formation et congrès scientifiques ou juridiques, mise en réseau, synergies et networking, montage et aide au financement de projets collaboratifs de recherche (ils sont actuellement 400 pour un encours de 450 millions d’euros) développés entre industriels de la filière cosmétique, recherche académique (9 universités sont partenaires du pôle :Orléans, Rouen, Tours/François Rabelais, Versailles / Saint Quentin-en-Yvelines, Le Havre, Cergy-Pontoise, Paris 13, Paris Sud, Sorbonne Université) et institutions scientifiques réputées (CNRS, LNE, Synchrotron Soleil),accompagnement des startupsà travers la plateforme Cosmet’up,et un incubateur spécialisé à Chartres, ouverture d’antennes locales supplémentaires (Marseille) et partenariats avec de nouvelles régions ou de nouveaux pôles complémentaires de ses activités (AURA), accès aux marchés internationaux et aux grands salons professionnels (Hong Kong, Dubaï, Shanghai, Las Vegas..).
Cette politique dynamique et concrète a connu récemment quatre aboutissements qui sont autant d’investissements pour le futur : un salon à dimension internationale – Cosmetic 360 – créé, à Paris, sous le signe de l’innovation et qui s’affirme comme un succès d’édition en édition ; sous l’étiquette Cosmetic Clusters International Network (CCIN), le regroupement d’une vingtaine de pôles cosmétiques mondiaux permettant à Cosmetic Valley de s’engager dans une stratégie internationale offensive ; cofinancé par le programme COSME de l’Union européenne et mobilisant quatre pays (France, Espagne, Portugal, Roumanie), un cluster européen Cosmetics4Wellbeing, dont le pôle, démontrant sa dimension continentale, a pris la tête ; lancement d’une Maison  internationale de la Cosmétique à Chartres, nouveau siège du pôle, dont la réalisation a été confiée par la Ville et sa métropole à l’agence d’architecture Search.

Marc-Antoine Jamet, président de Cosmetic Valley a déclaré « Je me réjouis de la labellisation de notre pôle de compétitivité qui intervient l’année du 25èmeanniversaire de sa création et j’en remercie sincèrement les pouvoirs publics, au premier rang d’entre eux le ministre de l’économie, Bruno Lemaire, dont le soutien nous est toujours acquis et avec lequel nous collaborons avec bonheur. Moteur d’une filière française leader sur lemarchéinternational, Cosmetic Valley continuera de défendre l’excellence du « Made in France » dans un secteurd’avenir où notre pays doit se battre pour maintenir et développer ses positions dans un environnement de plus en plus concurrentiel. C’est pourquoi trois points ne laissent pas de m’inquiéter : d’abord les rumeurs insistantes sur la possibilité que l’État n’honore pas les promesses financières du Fonds Unique d’Investissement (FUI) ; ensuite le fait que cette labellisation ne met pas un terme à l’éparpillement, nuisible dans l’hexagone, incompréhensible à l’étranger, de certaines filières entre plusieurs pôles et, par exemple pour la nôtre, à l’intégration des ingrédients indispensables à nos produits dans un ensemble uniquement régional où dominent arômes alimentaires et parfums de produits d’hygiène ou d’entretien ; enfin rien n’est dit sur l’organisation, à l’instar de ce que font certains de nos voisins étrangers, de missions, à moindre coût et peut-être avec une efficacité différente, pour l’heure assurées par des opérateurs publics comme Business France. Au-delà des réponses qu’il apportera à ces questions légitimes, l’État doit savoir qu’il peut compter sur notre travail, sur notre coopération et sur notre reconnaissance. »

 

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