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samedi 3 décembre 2022
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L’industrie de la parfumerie-cosmétique reconnue comme « filière stratégique » en Île-de-France

En décidant de faire de la filière cosmétique une priorité de son « Schéma régional de
développement économique, d’innovation et d’internationalisation 2022-2028 » (5RDEII), le
Conseil régional d’Ile-de-France, ne s’est pas trompé. Il mise, en effet, aussi bien sur
l’extraordinaire potentiel de développement et d’attractivité de la filière, en termes d’emploi et de croissance, que sur le soft-power que représente un secteur emblématique de l’art-de-vivre à la française et de l’excellence européenne. C ’est un signe de reconnaissance qui était attendu par la profession qui l’a aussitôt salué. Après le Centre-Val de Loire, la Nouvelle-Aquitaine, la Normandie, la Guyane, alors que les Hauts-de-France et la Martinique pourraient emprunter le même chemin, cet accord entre le pôle de compétitivité et la première région économique d’Europe ouvre la voie avec d’autres régions à d’autres partenariats public-privé tous essentiels à la préservation, par la cosmétique française, de son statut de leader mondial. Il conforte Cosmetic Valley dans la mission que lui a confiée le Gouvernement de fédérer et de rassembler dans l’hexagone l’ensemble des acteurs qui composent ce secteur stratégique pour notre commerce extérieur.

Avec 3 200 entreprises, dont 80% de PME, 246 000 emplois directs et indirects, 45 milliards
d’euros de chiffre d’affaires, la filière cosmétique est un acteur essentiel de l’économie
française. Elle représente un marché global de 600 milliards d euros et bénéficie d’une
croissance annuelle d’environ 5%, tirée principalement par l’Asie. Fortement exportatrice, à
tous les maillons d’une chaîne de valeur solidement installée sur le territoire national, ce que
l’on dit trop rarement, elle est à l’origine du deuxième excédent commercial de notre pays juste derrière l’aéronautique.

Son écosystème unique ne fonctionne bien que parce qu’au-delà du rêve qu’il incarne, fondé
sur un patrimoine et des savoir-faire sans égal, il est porté par un fort dynamisme qui s’appuie sur la recherche, l’innovation, un système de formation et d’éducation supérieure d’excellence. Il est toutefois, aujourd’hui, confronté aux quatre mutations majeures que sont la transition écologique avec le défi du développement durable. les impératifs de décarbonation, de traçabilité. de respect de la biodiversité et de promotion de l’économie circulaire : la transition digitale avec l’utilisation du big data, de l’intelligence artificielle, des achats en ligne, des objets connectés et des tutoriels ; la transition géopolitique marquée non seulement par une concurrence internationale toujours plus forte exercée par des challengers de plus en plus ambitieux, mais aussi par des bouleversements puissants qui menacent ses approvisionnements et son organisation logistique : la transition technologique qui amène les entreprises à aborder la 4e révolution industrielle, les relocalisations, le télétravail. C’est cette dynamique composite que l’Île-de-France a voulu soutenir.

Quoi de plus naturel ? Partout dans le monde, en Corée, au Japon ou en Chine notamment, les industries cosmétiques qui nous disputent des parts de marché sont soutenues, par des autorités publiques, souvent régionales, qui reconnaissent l’énorme potentiel de la filière cosmétique et la nécessité, pour le concrétiser, de la soutenir et mettre en place des partenariats public/privé.

En France, c’est à Cosmetic Valley, devenue pôle de compétitivité en 2005. reconnue par l’Etat coordinateur national de la filière, qu’échoit la tâche de favoriser ces partenariats entre secteurs public et privé et au sein des acteurs de l’écosystème cosmétique. Depuis 28 ans. elle s’en acquitte avec succès en soutenant l’innovation collaborative entre recherches publiques et privées, l’open innovation entre grands groupes et TPE/PME/ETI l’internationalisation des entreprises en partenariat avec Business France, et la co-construction de stratégies gagnantes avec les territoires. Les régions partenaires du pôle incluaient, jusqu’ici, les régions Centre Val de Loire. Nouvelle Aquitaine. Normandie, et la Guyane – sans compter les régions d’autres Etats membres de l’Union européenne que le pôle a réunies, dans le cadre du projet « Go4 Cosmetics » de la Commission européenne, parce ce que chacune a décidé de miser sur le potentiel de l’industrie cosmétique, aussi bien en matière d’investissements, d’innovation que de recherche. En Région Île-de-France. Cosmetic Valley déploie déjà des actions significatives avec l’organisation, chaque année, au mois d’octobre, à Paris au Carrousel du Louvre, du salon international de l’innovation cosmétique « Cosmetic 360 » – auquel contribue, depuis 2021. la région Île-de-France à travers Choose Paris Region – et de nombreux partenariats dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche. On ne compte plus les congrès, les colloques, les symposiums accueillis par les sept départements de Paris, de la petite et de la grande couronne. Manquait toutefois une stratégie ambitieuse, fédératrice et structurante pour
la première région cosmétique française qui concentre 70% de son chiffre d’affaires. 41% de
ses emplois salariés, l’essentiel de ses sièges sociaux, un tissu important de sites de production, de logistique et de R&D. ainsi que des écoles spécialisées de très haut niveau.

L’inscription de la filière cosmétique comme filière prioritaire du SRDEII répond à cet enjeu et
à un intérêt mutuel bien compris entre la région et le secteur cosmétique. Feuille de route de
l’action régionale, le SRDEII définit les orientations en matière d’aides aux entreprises, de
soutien à l’internationalisation, et d’aides à l’investissement immobilier et à l’innovation des
entreprises, ainsi que les orientations relatives à l’attractivité du territoire régional. Il doit
mobiliser, sous l’impulsion de la Région, tous les acteurs économiques et institutionnels, afin
d’assurer leur développement et leur ancrage sur le territoire francilien, avec quatre grands
objectifs : investir sur son attractivité ; développer la compétitivité de son économie ;
développer l’esprit d’entreprendre et d’innover ; agir collectivement au service des entreprises, de l’emploi et des territoires. Pour la filière cosmétique, les perspectives, comme les parties prenantes sont nombreuses et différents projets ont déjà été évoqués avec la Région.

Ce rapprochement est historique et prometteur. C’est, avec la création en 2021 du « Comité de filière cosmétique » initié par Cosmetic Valley, un tournant dans la stratégie d’intensification des partenariats public-privé nécessaires au développement du secteur.

Pour Marc-Antoine Jamet. président de Cosmetic Valley :

« Une place de leader mondial ne se conserve pas. Elle se gagne et elle se défend. Il faut pour cela une stratégie, des objectifs et des alliés. Le partenariat avec un acteur institutionnel de la taille et de la puissance de 1 ‘Ile-de-France, dont les compétences sont complémentaires de celles du pôle de compétitivité, permet de mieux cerner ces enjeux. La stratégie, c’est celle du basculement vers les sciences dures que nos produits doivent intégrer. Les objectifs ce sont ceux du fabriqué en France, authenticité des ingrédients, protection du consommateur, sauvegarde de l’environnement, performance de l’innovation. Les alliés, ce sont grâce à la région les laboratoires publics, les universités, les relais à l’international. L’apport de la région Ile-de-France, première région économique d’Europe, sera ici véritablement essentiel. Elle permet le changement d’échelle, la visibilité internationale, la conquête de l’avenir. Je m’en réjouis. Nous sommes tous disposés à ce que cette nouvelle alliance se concrétise et fasse gagner la cosmétique française ».

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